Jan Cornelis HOFMAN

ARTISTE PEINTRE (1889 -1966)

BIOGRAPHIE

(par son fils, Victor)
Né à Nieuwer-Amstel (Amsterdam), le 12 avril 1889, il fut placé en orphelinat à DIEREN (Arnhem) vers l’âge de 10 ans, après la mort de son père.
Il reçut dans cet institut ses premières leçons, lesquelles consistaient en copies de dessins existants, mais plus particulièrement des motifs décoratifs et des fresques murales très à la mode en ce temps-là.
Sa plus grande satisfaction était cependant de s’évader de la contrainte de ces leçons académiques rigides afin de pouvoir dessiner d’après nature.
Dès lors, pendant ses heures de liberté, il parcourait déjà la campagne environnante pour saisir sur le vif les paysages et motifs les plus divers.
A l’âge de 17 ans, Il fut mis en apprentissage chez un peintre en bâtiment mais ce genre de travail ne répondait pas à ses aspirations et à son idéal.
    Il accepta ainsi, quelques temps plus tard, un emploi de décorateur sur faïence à MAKKUM, une petite ville située en Frise (Pays-Bas). Son travail consistait à décorer de petits carreaux de « Delft », assiettes et autres objets.
Après quelques années, il quitta ses employeurs pour accompagner sa sœur et son beau-frère en Belgique, pays où ce dernier avait trouvé du travail.
Il s’établit ainsi à Bruxelles au début de la première guerre mondiale et y épousa, en 1918, Marie Marteau qui sera sa fidèle compagne toute sa vie. Elle lui donnera un fils en 1920.
En 1928, à Bruxelles, il organise une exposition de ses oeuvres et participe la même année, à Namur, à un salon d’ensemble organisé en faveur des victimes des inondations. Des photographies de plusieurs de ses peintures illustraient les critiques des journaux de l’époque.
Dans les années trente, il fréquenta assidûment le Cercle « L’Effort », corporation d’artistes dont le local-atelier était situé Grand’Place à Bruxelles.
En compagnie de ses amis artistes, il bénéficia ainsi de la prestation de modèles et réalisa de nombreux dessins (fusains, sanguines) d’après nature.
Il restera toutefois fidèle à sa passion de peintre paysagiste et de nombreuses peintures en témoigneront tout au long de son existence.
Il décéda à Schaerbeek (Bruxelles), le 30 avril 1966.
La peinture fut son idéal et le guida toute sa vie.


Critiques du journal
VERS L’AVENIR
Nous sommes heureux de posséder dans nos murs un peintre étranger qui, héritier d’une grande tradition, nous charme par sa manière de voir et d’interpréter le paysage sainement, sans les inutiles subtilités qu’on est habitué de voir chez les ultramodernes.
Jean Hofman est hollandais. Ses effets sont un peu vieux, oui, mais c’est justement ce qui constitue un rinçage pour l’œil. On croit retrouver en lui un disciple de la glorieuse dynastie des Maris. Il n’a d’autre ambition, on s’en rend compte assez vite, que d’être peintre. Son pinceau dessine en même temps qu’il peint, en pleine pâte meuble et grasse.
On voudrait que nos jeunes eussent cette savante connaissance des masses, des harmonies chantantes où les valeurs restent pourtant raffinées, qu’ils voient aussi juste quand ils sont audacieux.
Le faire est plus souvent rapide et l’on dirait sommaire. Il n’y a cependant que ce qu’il faut. Mais si la facture est plus insistante, comme dans les grands numéros intitulés « Intérieur Hollandais », « L’Automne », « Avant l’Averse », si la maçonnerie des petits paquets de couleur apparaît davantage, on ne peut que s’incliner, reconnaître qu’on a à faire à un maître authentique, qui n’exclut pas la poésie de ses accords concrets, très corsés.
Jean Hofman excelle, en effet, à subordonner les détails à la gamme coloristique générale et c’est cette sobriété, en dépit de la broderie sous-jacente, qui fait songer avec plaisir aux vieux Hollandais, maîtres s’il en fut.

La Woluwe en Automne



Critique du journal
« JOURNAL MIDI »

L’exposition à la Galerie Nouvelle concentre l’œuvre réalisée par le peintre Jean Hofman pendant de longues années ce qui permet de juger de son talent persévérant vers une formule d’art personnelle, vers une sincérité plus complète, vers un mode d’expansion plus large, plus sobre, plus ému.
Ce peintre, dont le talent nous apparaît évident, semble être arrivé à un stade évolué de son expression picturale. Ses paysages sont caractéristiques et semblent annoncer un évocateur inspiré de la nature, un chantre des grands ciels et de cette campagne brabançonne dont il a cherché à rendre le pittoresque.

Il y a mis la meilleure et la plus exacte mesure de soi-même. On aimera également ses toiles où il fait, sur les canaux, voguer les lourds chalands.
Jean Hofman semble rechercher particulièrement les effets de contre-jour, il s’applique résolument à affronter les difficultés et à les vaincre ; les résultats auxquels il arrive, comme par exemple : « Avant l’Orage » et « Contre-jour Briqueterie », sont symptomatiques.

« Gerbes » est également une page vigoureuse. A elle seule, elle suffit pour classer un peintre. Nous remarquerons encore chez celui-ci une grande habileté dans la mise en page et dans la présentation générale de ses tableaux.

Charles Desbonnets

Avant l'Orage



Critique du
« FACE A MAIN »

Le paysagiste Jean Hofman a apporté des ouvrages où l’on remarque la fraîcheur, la verve, la vivacité et l’éclat.
A signaler particulièrement « Pont rustique » où l’artiste est hardi, large et vigoureux ; « La Woluwe » est aussi avenante par la couleur que belle par l’ampleur du dessin ; « Les Gerbes » est sincère et d’un effet de poésie sereine ; « Vieilles Maisons » est une œuvre de coloriste et de dessinateur.

Les Gerbes



La Ferme Espagnole (dessin)



Critique du journal
« JOURNAL DE BRUGES »

Le peintre Jean Hofman est Hollandais mais réside depuis de nombreuses années en Belgique. Son art est consciencieux, solide et sincère. L’exposition particulière qu’il a entreprise est, déclarons-le, toute à son avantage.
Il y a là quantité de tableautins qui sont réellement séduisants (Vieilles Maisons, Bateaux au Canal de Willebroeck, La Source en Automne, Après la Pluie, Sous-Bois, Eté à Uccle, Chemin à Anderlecht, Le Karreveld, Etang, Vieux Cornet à Uccle, Potager, Basse-Cour, Coucher de Soleil, etc.) ; puis des intérieurs qui font songer aux maîtres hollandais et des vues de la Senne (Coucher de Soleil sur la Senne et spécialement La Senne à Forest) qui sont de vrais bijoux.
Parmi ses grands tableaux, il faut citer : Pont rustique et Automne à Uccle, d’un éclairage de toute beauté ; Gerbes, Avant l’Orage, Briqueterie à Evere, d’une puissante observation et d’une exécution parfaite.
Jean Hofman a le précieux don de savoir faire circuler l’air et la lumière dans ses oeuvres qui sont dignes de fixer l’attention des amateurs sérieux.

Pêcheurs à Wesembeek



Critique du journal
« LA SEMAINE »
Jean Hofman est un artiste doué : à sa compréhension étonnante de la nature, il joint un métier heureux.
Ses paysages sont des interprétations expressives de la nature et particulièrement des sites brabançons.
Ce qu’il réalise dans ses oeuvres, ce n’est non seulement le décor, mais il crée une ambiance vibrante, grâce aux jeux de lumière et par une grande sobriété de tons.
Des oeuvres comme « Avant l’Orage », « Drève en Automne », « Belle matinée », sont d’une poésie discrète et prenante.

Sous-Bois en Automne



Critique du journal
« PROVINCE DE NAMUR »
CARNET DES BEAUX-ARTS

Les oeuvres du peintre Jean Hofman donnent bien, traitant des sujets différents, une idée du talent ferme et probe de l’artiste.
D’abord une page éblouissante. Au premier plan les eaux, un peu mousseuses, sans courant, ont mille reflets. Ici, le flot glauque mouille la barque bien posée ; là se mire le ciel bleu et léger. Les voiles sont dans une gamme savante de rouge brun ; le soleil vient sécher les bâches aux tons fanés et les mats s’élancent et enlèvent tout cela.
« Basse-Cour » est une étude sérieuse dans les nuances les plus délicates d’une tonalité neutre où se détachent les fortes silhouettes prises dans la vie rustique.
Et « Belle Matinée » encore. La fraîcheur matinale, le calme de la terre qui s’éveille doucement sous le ciel immense dont la clarté, encore indécise, enveloppe peu à peu la haie, la maison, les deux peupliers. Lumière mystérieuse ; admirable profondeur de la petite toile.
Jean Hofman a aussi plusieurs marines prises à Ostende et traitées brillamment.
Son « Automne » vous requiert dès l’entrée. A l’avant-plan, c’est un tapis richement coloré où se jouent les ombres. Puis, c’est la maison cossue, solidement bâtie ; c’est la grande allée d’arbres qui va se perdant vers la clairière qu’on devine au fond. Cette œuvre qui n’indique aucune préoccupation de modernisme, est ruisselante de lumière et d’or !
« Avant l’Orage » est émouvant par le sentiment profond que l’artiste sut lui imposer. L’orage va éclater, le ciel est effrayant et enveloppe tout de ses teintes sombres. Le moissonneur se hâte, son geste se dessine sur l’horizon livide. C’est l’horreur et la poésie de l’orage exprimées par la force d’un art très sûr.
Il y a ainsi une cinquantaine de pages devant lesquelles on se met en contemplation, se laissant aller à leur suggestion, à leur puissance évocatrice.
R.P.

Basse-Cour